NORD-KIVU : LES DÉPUTÉS PROVINCIAUX SE PRONONCENT FACE À LA SITUATION SÉCURITAIRE EN RDC.

NORD-KIVU : LES ÉLUS PROVINCIAUX METTENT EN GARDE CONTRE UNE NOUVELLE ESCALADE DE LA VIOLENCE.

Les députés provinciaux du Nord-Kivu haussent le ton face à l’apparition du Front pour la refondation de la nation (FRN), qu’ils assimilent à l’AFC/M23 sous une nouvelle appellation. Dans une déclaration rendue publique au bureau provisoire de l’Assemblée provinciale, ces élus s’opposent à toute nouvelle initiative politico-militaire et plaident pour des solutions pacifiques à la crise sécuritaire qui frappe l’est de la République démocratique du Congo. Pour les signataires de cette déclaration, le changement de nom d’un mouvement armé ne peut ni effacer les violences passées ni justifier la poursuite des hostilités. Ils rappellent que le Nord-Kivu reste profondément marqué par des décennies de conflits, caractérisées notamment par des pertes en vies humaines, des déplacements de populations et l’affaiblissement des activités économiques.Face à cette situation, les élus estiment que les ambitions politiques doivent s’exprimer par les voies démocratiques et le dialogue, conformément à la Constitution, plutôt que par le recours aux armes. La jeunesse appelée à rejeter le recrutement dans les groupes armés. Dans leur adresse à la population, les députés provinciaux lancent un appel particulier aux jeunes du Nord-Kivu. Ils les invitent à ne pas se laisser entraîner dans des initiatives politiques ou militaires susceptibles d’aggraver les souffrances des communautés. Ils exhortent également les responsables politiques à privilégier l’intérêt supérieur de la nation et à contribuer à la recherche de solutions pacifiques. Pour les élus, les communautés locales doivent jouer un rôle actif dans la défense de la paix et refuser toute adhésion à des entreprises qu’ils considèrent comme porteuses de nouvelles violences. Les députés demandent par ailleurs à la population de soutenir les efforts du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo visant, selon eux, à mettre fin au pillage des ressources du pays et à restaurer une paix durable. Le gouvernement et la communauté internationale interpellés. Sur le plan sécuritaire, les élus du Nord-Kivu recommandent au gouvernement de renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des Wazalendo. Ils plaident également pour la poursuite des démarches diplomatiques en vue du rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.La communauté internationale est, elle aussi, appelée à prendre des mesures concrètes face à la persistance du conflit. Les députés réclament l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 21 Février 2025, et demandent notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais ainsi que la cessation de tout soutien à l’AFC/M23.Ils considèrent également que l’apparition du FRN risque de détourner l’attention des efforts diplomatiques en cours, notamment dans le cadre du processus de Doha. Ils souhaitent que les initiatives de Doha et de Washington contribuent à mettre définitivement fin aux hostilités et à garantir la protection des populations civiles. Les élus réaffirment leur attachement au dialogue. Au-delà des mesures sécuritaires et diplomatiques, les députés provinciaux du Nord-Kivu se déclarent favorables à un dialogue national sincère et responsable, susceptible de favoriser la réconciliation, la cohésion nationale et une résolution durable de la crise.Ils réaffirment leur opposition à toute tentative de conquête du pouvoir par les armes et insistent sur la nécessité de rompre avec le cycle des rébellions et des violences qui affectent la RDC depuis plusieurs décennies. _« Le Congo n’est ni à vendre, ni à partager, ni à détruire »,_ martèlent-ils dans leur déclaration, avant de réitérer leur rejet de la guerre comme instrument politique et leur soutien au dialogue et à la paix.Cette prise de position intervient dans un contexte où la situation sécuritaire dans l’est de la RDC demeure une préoccupation majeure pour les populations et les acteurs politiques de la région.________________

Christelle Omoyi.

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