RDC / OUGANDA: ECONOMIE.

RDC-Ouganda : à Kasindi, la fermeture de la frontière perturbe les échanges et fait pression sur les prixKasindi-Lubiriha, Nord-Kivu — La fermeture de la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, décidée dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola, continue de peser sur les activités économiques à Kasindi-Lubiriha, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. La mesure a été prise fin Mai 2026, alors que la maladie à virus Ebola avait été déclarée en République démocratique du Congo. Depuis, les échanges transfrontaliers habituels entre Kasindi-Lubiriha, en RDC, et Mpondwe, en Ouganda, fonctionnent au ralenti. Des approvisionnements plus difficilesLa fermeture affecte particulièrement les petits commerçants qui se rendaient régulièrement en Ouganda pour acheter des marchandises destinées aux marchés de Kasindi et de Beni. Comment cette mesure agit-elle sur les prix ? Ne pouvant plus traverser normalement pour s’approvisionner, certains commerçants doivent recourir à des mécanismes alternatifs. Ils transfèrent notamment de l’argent à leurs partenaires en Ouganda pour effectuer les achats, tandis que d’autres utilisent des circuits d’acheminement différents. Ces changements entraînent des coûts supplémentaires et des retards dans l’arrivée des marchandises, avec des répercussions sur les prix pratiqués sur les marchés locaux. Selon M. Kavingulwa Pacheli, président de la Société civile « Nouvelle Espoir » de Kasindi-Lubiriha, plusieurs produits de consommation courante ont ainsi connu une hausse de prix depuis la mise en œuvre des restrictions.«« Les restrictions au niveau de la frontière ont des conséquences sur les activités des commerçants et sur les prix de certains produits », explique M. Kavingulwa Pacheli.»Mulewa Meleki, commerçant à Kasindi, explique pour sa part que les marchandises qui arrivaient auparavant en environ une semaine mettent désormais beaucoup plus de temps à parvenir sur le marché local, en raison des difficultés liées à leur acheminement.Une mesure qui touche aussi les famillesLes conséquences ne se limitent pas au commerce. La restriction des mouvements transfrontaliers touche également certaines familles dont les enfants résident en Ouganda mais fréquentent des établissements scolaires en République démocratique du Congo. Le 1er Septembre 2026, la communauté de Kasindi avait demandé aux autorités d’envisager des mesures particulières afin de permettre à ces élèves de poursuivre leur scolarité malgré les restrictions liées à la riposte contre Ebola.Dans les établissements scolaires, les mesures de prévention ont par ailleurs été renforcées, notamment à travers la sensibilisation à l’hygiène et au lavage régulier des mains.Une frontière toujours sous surveillanceMalgré les conséquences économiques de la fermeture, les mesures sanitaires restent liées au contexte de forte mobilité entre la RDC et l’Ouganda. Au 14 Septembre 2026, la société civile locale indiquait qu’aucun cas d’Ebola n’avait été enregistré à Kasindi depuis le début du mois, tout en appelant la population à maintenir la vigilance. Le contrôle sanitaire et la désinfection des marchandises se poursuivaient également au poste frontalier. La situation place ainsi les habitants et les opérateurs économiques face à un double enjeu : préserver les mesures de prévention contre Ebola tout en limitant les conséquences économiques et sociales de la restriction des échanges. À Kasindi-Lubiriha, commerçants et familles restent attentifs à l’évolution des mesures frontalières et aux éventuelles dispositions qui pourraient permettre de faciliter progressivement les échanges, tout en maintenant les précautions sanitaires nécessaires.

MATHE FABRICE.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *