KAMBALE MATONDI GRACE : DE MAGHERIA À L’AMBITION MONDIALE, LE PARCOURS D’UN HOMME PORTÉ PAR UNE VISION.
Entre éducation, journalisme, entrepreneuriat et engagement associatif, Kambale Matondi Grace poursuit un idéal qui dépasse les limites de son milieu d’origine. Actuellement, président mondial de l’Union patriarcale La Grâce, UPLG, il entend donner une dimension internationale à ses initiatives, malgré les défis financiers et le scepticisme auxquels il affirme être confronté.
Un homme façonné par l’éducation et la soif d’apprendre.
Né le 26 Octobre 1986 dans la bourgade de Magheria, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, Kambale Matondi Grâce grandit au sein d’une famille modeste, mais respectée dans son milieu. Son père, enseignant et, sa mère infirmière, deux professions qui, dans son environnement familial, le plaçaient au contact de l’éducation et du service à la communauté.Très tôt, il développe un intérêt marqué pour la lecture, l’écriture, la religion et le commerce. À l’école, il se distingue par son sérieux et ses résultats. Il affirme avoir occupé la première place de la classe tout au long de son parcours, du primaire au secondaire, une performance qui témoigne, selon lui, de son attachement aux études et de sa détermination. Mais derrière cette discipline scolaire se dessine déjà une ambition : devenir un leader. Pour lui, l’apprentissage ne devait pas se limiter à l’acquisition des connaissances, mais constituer un moyen de préparer son avenir et de concrétiser ses aspirations.
Magheria, ses racines et le poids de l’héritage familial.
Originaire d’un milieu à cheval d’une ville et d’un véritable village, Kambale Matondi Grâce reste attaché à ses racines, à ses ancêtres, qui possédaient des terres à Vutomo, un élément de son héritage familial auquel il fait référence pour situer son identité. Son parcours s’inscrit dans un environnement où les réalités sociales, les ressources disponibles et les perspectives d’avenir peuvent influencer les ambitions individuelles. Issu d’une famille qui accordait une place importante à l’éducation, il dit avoir grandi avec le goût du travail et le désir de se construire un avenir à la hauteur de ses aspirations. Ces repères constituent une toile de fond pour comprendre ses choix professionnels et son ambition de bâtir des initiatives capables de dépasser les frontières de son milieu d’origine.
De l’enseignement au journalisme : un parcours marqué par la diversité.
Après ses études secondaires, Kambale Matondi Grâce commence sa carrière dans l’enseignement, au sein de l’établissement même où il avait étudié. Une première expérience qui le conduit ensuite à exercer des responsabilités de proviseur à l’Institut Kirirya et à l’Institut Dieu d’Abraham, dans le territoire de Lubero, entre 2007 et 2008, selon les informations qu’il fournit. En 2009, son parcours prend une nouvelle orientation. Il s’engage dans le journalisme, tout en poursuivant des activités commerciales. Il évoque également une expérience de volontariat au siège national des Témoins de Jéhovah, à Kinshasa, en 2008-2009. Son itinéraire professionnel se construit ainsi à travers plusieurs domaines : l’éducation, la communication, le commerce et les initiatives de promotion scolaire. Il se présente aujourd’hui comme journaliste, communicologue et juriste en formation. Il affirme également avoir obtenu des brevets dans différents domaines, notamment en communication et en peinture. Cette diversité d’expériences dessine le parcours d’un homme qui cherche à tout prix à multiplier les champs d’action et à mettre ses compétences au service des projets plus larges.
Une ambition qui se heurte au scepticisme et au manque de moyens.
Toute ambition de grande envergure se confronte à la réalité du terrain. Pour Kambale Matondi Grâce, l’un des principaux obstacles demeure le manque de financement. Il explique devoir compter sur ses propres moyens et se débrouiller pour faire avancer ses initiatives. À cette difficulté matérielle et financière s’ajoute ce qu’il considère comme une réserve de la société à l’égard des projets portés par les acteurs locaux. Selon lui, certains de ses projets sont jugés irréalistes, tandis qu’une partie de la population aurait davantage tendance à attendre une aide extérieure qu’à faire confiance aux initiatives issues de son propre milieu. Il résume cette expérience par une idée bien connue : « Nul n’est prophète en son pays. »Cette conviction traduit sa perception des résistances auxquelles il fait face. Il révèle également l’un des enjeux de son engagement : parvenir à transformer une vision personnelle en réalisations concrètes, capables de convaincre au-delà des discours. Car, si l’ambition peut constituer un moteur, sa crédibilité se construit aussi dans la durée, à travers les résultats, la capacité à mobiliser des partenaires et la réalisation progressive des objectifs annoncés.
À la tête de l’Union patriarcale La Grâce : une vision qui se veut mondiale.
Aujourd’hui, Kambale Matondi Grâce occupe la fonction de président mondial de l’Union patriarcale La Grâce, tout en poursuivant ses activités dans le journalisme, où il est Directeur général d’un organe de presse, la Radio télévision communautaire la Grâce de Butembo. À travers cette responsabilité, il affirme vouloir donner une portée internationale à ses initiatives. Son objectif est notamment de faire connaître et de développer ses treize activités à l’échelle mondiale : La Grâce Sécurité – Gardiennage, le Poste de Santé de Secours Tumaini Letu ; l’Assistance sociale, fiscale, financière, administrative et judiciaire ; un Secrétariat public ; enfin, Matondi Transport. Il entend également mettre en place un leadership fort, capable, selon sa vision, de porter durablement ses projets. Lorsqu’il est interrogé sur ce qui le rend remarquable, il répond avec une pointe d’humour : « Ah bon ! c’est vous qui m’informez. »Cette réaction, qui renvoie au regard extérieur, ouvre une question intéressante : qu’est-ce qui distingue véritablement un homme engagé dans plusieurs domaines ? Au-delà de ses ambitions déclarées, ce sont la cohérence de ses actions, la portée de ses réalisations et la confiance qu’il parvient à susciter qui permettent d’apprécier son cheminement. Pour l’heure, il estime que les œuvres commencent progressivement à parler en faveur de ses initiatives et que certaines personnes commencent à accorder davantage de crédit à ses projets.
Transformer une vision en héritage durable.
Pour Kambale Matondi Grace, l’avenir se dessine autour d’un objectif central : bâtir un leadership fort et mondial. Il souhaite faire grandir ses activités, élargir leur visibilité et leur donner les moyens de s’inscrire dans la durée. Son parcours témoigne d’une volonté de ne pas se limiter à une seule profession ou à un seul espace d’action. De l’enseignement au journalisme, en passant par le commerce et ses responsabilités associatives, il poursuit une ambition dont il souhaite élargir la portée. Cependant, le chemin vers une reconnaissance internationale suppose des étapes concrètes : structurer les initiatives, mobiliser des ressources, consolider les réalisations et démontrer leur utilité auprès des communautés concernées. Ce précieux originaire de Magheria entend ainsi inscrire son nom dans une trajectoire qui dépasse son cadre local. Son défi est désormais de faire converger ses ambitions, ses moyens et ses réalisations afin que la vision qu’il défend puisse se traduire en résultats durables. Car une vision peut naître dans un milieu modeste, grandir malgré les doutes et nourrir des grandes ambitions. C’est sa capacité à prendre forme dans les actes qui lui donne toute sa valeur.————–

Christelle Omoyi.