EDITORIAL : LE POUVOIR SERAIT DANS LA RUE.

LE POUVOIR EST DANS LA RUE

_Journée ville morte totalement réussie ce jeudi à Butembo pour exiger la libération de CLOVIS MUTSUVA, malgré les appels des autorités à travailler

_Par KAMBALE MATONDI GRACE – Butembo, Jeudi 15 octobre 2026.

Le verdict de la rue est tombé, sans appel. Ce Jeudi 15 octobre 2026, Butembo est restée morte. Morte de chez morte. Et pourtant, les autorités avaient tout tenté pour casser le mouvement.Communiqués à la radio, messages des chefs de quartiers sur WhatsApp, menaces de sanctions, injonction du Maire à « vaquer librement aux occupations »… Rien n’y a fait. La population a choisi la rue. Et son message est clair : libérez CLOVIS MUTSUVA. Dès 6 heures du matin, le constat était glacial :

– Marché central :95% des rideaux fermés. Les rares vendeuses ayant tenté d’ouvrir ont vite refermé.

– Axe Rond-point – Rue Président : aucune circulation. Silence total, seulement quelques enfants jouant au football sur la chaussée vide.

– De Furu à Njiapanda, de Bulengera à Kimemi, de Vuthetse à Vutsundo :boutiques, magasins, banques, pharmacies, tout est resté cadenassé.

– Écoles et universités : portes ouvertes, salles vides. Zéro élève. C’est un désaveu cinglant pour l’Hôtel de Ville qui appelait à braver la ville morte. Une seule revendication : la liberté de CLOVIS MUTSUVA. Ce n’est plus une simple colère contre l’insécurité ou les taxes. Aujourd’hui, Butembo a fait grève pour un homme. Un fils de la ville. Arrêté et détenu dans des conditions que ses proches jugent arbitraires, CLOVIS MUTSUVA est devenu le symbole de toutes les frustrations accumulées. »On nous demande de travailler comme si notre frère n’était pas en prison. CLOVIS, c’est nous. Le libérer, c’est nous libérer », lance un jeune du mouvement citoyen, sous couvert d’anonymat. Pour une maman vendeuse de friperie : « Si on ne se lève pas pour CLOVIS aujourd’hui, demain ce sera qui ? On ferme nos boutiques pour qu’on ouvre sa cellule. »Ce qui a marqué ce Jeudi, c’est la discipline. Pas de pneus brûlés, pas de pillages, pas de casse. Une ville morte pacifique, assumée, chirurgicale. Et c’est précisément ce qui la rend imparable. Quand l’administration ordonne de travailler et que toute une ville de près d’un million d’habitants décide de rester à la maison pour réclamer un des siens, qui détient réellement le pouvoir ?A Butembo, ce Jeudi 15 Octobre, la réponse est dans chaque rue vide et chaque cadenas : le pouvoir est dans la rue. Et la rue exige la libération immédiate et sans condition de CLOVIS MUTSUVA. Le message est désormais à Kinshasa.

KAMBALE MATONDI GRACE, Journaliste d’investigation—

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