BUTEMBO/ECONOMIE : LES GROUPES DE PRESSION HAUSSENT LE TON FACE AUX RECETTES DOUANIÈRES.

Butembo : les groupes de pression réclament la transparence sur les recettes douanières et interpellent les députés.

Face aux préoccupations liées à la fiscalité en République démocratique du Congo, les groupes de pression de Butembo appellent à plus de transparence sur les assignations des recettes de la Direction générale des douanes et accises (DGDA). Ils demandent notamment des explications sur le passage des objectifs de recettes de 23 à 33 milliards de francs congolais, tout en invitant les élus nationaux à défendre les intérêts de la population.Les groupes de pression de la ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, prennent position dans le débat autour de la mobilisation des recettes publiques et de la pression fiscale ressentie par les opérateurs économiques. Dans une déclaration, ils demandent aux autorités compétentes de fournir des éclaircissements sur les assignations de recettes attribuées aux institutions concernées.Ces structures citoyennes souhaitent notamment connaître les documents officiels qui justifient le passage des assignations de 23 à 33 milliards de francs congolais, les services concernés ainsi que les objectifs fixés à chacun.Elles rappellent qu’une augmentation des prévisions de recettes ne signifie pas nécessairement l’instauration de nouvelles taxes. Pour elles, toute affirmation concernant une éventuelle hausse de la fiscalité doit s’appuyer sur des textes légaux ou réglementaires clairement identifiés. L’objectif, expliquent-elles, est de permettre aux citoyens et aux commerçants de mieux comprendre les décisions fiscales et leurs conséquences sur les activités économiques ainsi que sur le coût de la vie.

Les élus nationaux face à leurs responsabilités.

Dans leur déclaration, les groupes de pression interpellent particulièrement les députés nationaux, qu’ils invitent à exercer pleinement leur mission de représentation et de contrôle.Ils leur demandent d’obtenir des explications du gouvernement sur les mesures fiscales contestées, d’examiner leurs répercussions sur les activités commerciales et de proposer des réformes tenant compte des réalités économiques du Nord-Kivu.Selon ces structures, les élus ne doivent pas seulement intervenir lorsque les difficultés deviennent préoccupantes. Ils doivent également veiller à ce que les décisions prises au niveau national ne fragilisent pas davantage les conditions de vie de leurs électeurs.Elles plaident ainsi pour une fiscalité qui permette à l’État de mobiliser les ressources nécessaires sans compromettre la survie des petites et moyennes entreprises ni réduire excessivement le pouvoir d’achat des ménages.

Une fiscalité adaptée aux réalités du Nord-Kivu.

Les groupes de pression soulignent que les opérateurs économiques du Nord-Kivu travaillent dans un environnement marqué par l’insécurité, les difficultés d’approvisionnement, les coûts élevés du transport et diverses charges commerciales.Ces contraintes peuvent se répercuter sur les prix des marchandises et rendre les activités commerciales plus difficiles.Ils appellent donc le gouvernement central à tenir compte de ces réalités dans la conception et l’application des politiques fiscales. Ils demandent également une meilleure communication sur les fondements légaux des taxes, les raisons des éventuelles augmentations et leurs conséquences sur les entreprises et les consommateurs.Pour ces acteurs, la transparence et la prévisibilité des décisions publiques sont essentielles pour maintenir un climat des affaires favorable dans la région.

Les commerçants appelés à éviter les abus.

Les groupes de pression estiment cependant que la question du pouvoir d’achat ne relève pas uniquement de la responsabilité de l’État et des administrations fiscales.Ils attirent également l’attention sur les pratiques de certains opérateurs économiques qui, selon eux, peuvent contribuer à l’augmentation des prix, notamment lorsque les marges commerciales sont excessives ou que les prix ne sont pas fixés de manière transparente.Ils exhortent ainsi les commerçants à faire preuve de responsabilité et à éviter toute pratique susceptible d’aggraver les difficultés des consommateurs. Ils condamnent par ailleurs la fraude douanière, la dissimulation de marchandises et toute forme de tromperie commerciale lorsqu’elles sont établies.Les groupes de pression rappellent que la mobilisation des recettes publiques, le respect des obligations fiscales et la protection des consommateurs nécessitent l’engagement de toutes les parties.

La DGDA ne doit pas porter seule la responsabilité des décisions fiscales.

Concernant la Direction générale des douanes et accises, les signataires reconnaissent le rôle de cette administration dans la mobilisation des recettes de l’État. Ils encouragent ses agents à poursuivre leur travail dans le respect des lois, des procédures et des principes de transparence.Ils estiment toutefois qu’il convient de distinguer les autorités chargées d’élaborer et d’adopter les décisions fiscales des services qui assurent leur mise en application. Dans cette logique, ils mettent en garde contre toute attribution automatique au directeur provincial de la DGDA de la responsabilité d’une décision fiscale prise au niveau national.Ils l’encouragent néanmoins à maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs économiques, les associations professionnelles, les élus et les représentants de la société civile afin de favoriser la compréhension des procédures douanières et de prévenir les tensions.

Les revendications pacifiques privilégiées.

Pour faire avancer le débat, les groupes de pression de Butembo préconisent des démarches fondées sur des faits vérifiables, des échanges constructifs et le recours aux mécanismes légaux de revendication.Ils réaffirment leur volonté de jouer leur rôle de vigilance et de défense des intérêts collectifs, sans opposer inutilement la population aux agents de la DGDA.Ils appellent finalement le gouvernement central et les députés nationaux à apporter des réponses claires aux préoccupations soulevées, à renforcer la transparence dans la gestion des recettes publiques et à promouvoir des politiques fiscales compatibles avec les réalités économiques de Butembo et du Nord-Kivu. La déclaration se clôt sur un appel à la responsabilité des institutions et à la défense des intérêts de la population congolaise, avec ce slogan : « _La patrie ou la mort, nous vaincrons._ »_________________

Christelle Omoyi.

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