AFFAIRE SAEMAPE : UN INTERIM DE 4 JOURS QUI POSE QUESTIONS.
Le SAEMAPE, Service d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale, a changé 3 fois de patron en une semaine. Décryptage d’une valse à la tête d’un service stratégique avec Citoyen Antibio.C’est une chronologie qui interroge tout Kinshasa. Le 21 Octobre, le Ministre des Mines Louis Watum suspend le Directeur Général Jean-Paul Kapongo pour manquements graves : exploitation artisanale illicite tolérée dans les concessions du Lualaba, services de perception illégaux.Deux jours plus tard, le 23 Octobre, il nomme Madame Kompay Koko Ngiemi, Directrice Générale Adjointe depuis 2021, comme Directrice Générale ad intérim. Objectif affiché : assurer la continuité du service. Lundi 26 octobre, prise de fonctions officielle. Mardi 27, première mission de terrain à Kolwezi, capitale mondiale du cobalt. Et le soir même, coup de théâtre : le Président de la République nomme par ordonnance un nouveau DG titulaire, Yanki Mukadi Mukadi.Fin de l’intérim de Madame Kompay Koko. Quatre jours seulement.Trois questions se posent alors, Citoyen Antibio les formule :PRIMO :En 4 jours, peut-on parler de remise et reprise ? La réponse est juridique : non. Un intérim ministériel n’est pas une nomination présidentielle. C’est une mesure conservatoire pour éviter le vide. La vraie remise et reprise se fera entre le DG suspendu et le nouveau DG nommé par le Chef de l’Etat.SECUNDO : A-t-elle eu le temps de réorganiser le service, de réunir les agents, de donner un cap ? Là aussi, la réponse est factuelle : le temps a manqué. Entre sa nomination le 23 et son départ le 27, dont une mission à Kolwezi le 25 avec le Ministre, il était matériellement impossible de produire un vade-mecum de gouvernance.TERTIO : Cette mission à Kolwezi était-elle indispensable ? Pour le Ministère, oui. Le Lualaba est en crise : milliers de creuseurs dans les concessions industrielles, réouverture du centre de négoce de Musompo, pression des partenaires américains et chinois pour assainir la filière cobalt-cuivre. Dans ce contexte, la tutelle a jugé que le SAEMAPE ne pouvait rester à Kinshasa. Mais la question demeure : à quoi sert un intérim de 4 jours si c’est pour finir à Kolwezi sans avoir organisé le service central ? Le SAEMAPE, ex-SAESSCAM, créé en 2017, est au cœur de l’enjeu : encadrer 2 millions de creuseurs artisanaux qui font vivre la RDC. Sa stabilité est une question de gouvernance minière nationale.L’affaire rappelle surtout un conflit de compétences classique en RDC : le Ministre peut suspendre, mais seul le Président nomme et révoque un mandataire public.Une page qui reste ouverte, en attendant la remise et reprise avec Jean-Paul Kapongo.———–
Rochereau Kighoma.
