Goma : de la vie à la galère, les coupables répondront-ils un jour ?.
Depuis la nouvelle guerre du Kivu, rien ne va. Absolument, rien. Contrairement aux autres guerres d’avant, pour celle-ci, les activités économiques, supposées générer de l’argent, elles sont en berne : pas de banque, l’aéroport international de Goma, poumon financier de la région, fermé ; les agents de l’État, la majorité est partie et, par conséquent, l’argent est presque inexistant. Les pères, les mères ainsi qu’une bonne majorité de jeunes sont au chômage, sans espoir d’une levée de siège. La situation empire à chaque jour qui passe et pousse certains à l’inattendu, voir l’insolite. Depuis le début de cette semaine, à Ngangi III, Territoire de Nyiragongo, à cheval presque de Goma, un homme dont nous taisons le nom, au bord du gouffre, refuse de sombrer dans l’irresponsabilité, sinon dans les antivaleurs comme le vol ou la criminalité, nonobstant la précarité. Il vient de se lancer dans une activité : la confection des ballons en traditionnels._ »Je vends un ballon à 200 Fc. J’ai bien choisi ce lieu, comme c’est juste en face de cette école. Les enfants viennent me les prendre : même 10 pièces, le jour. Parfois rien. Aucune taxe demandée, jusque-là. Ma femme, elle, est postée là, au coin. Elle fait la cordonnerie, avec quelques tomates à l’étalage. Le soir, après notre petite comptabilité, nous pouvons réunir juste de quoi nous nourrir le jour, avec nos deux enfants. Le danger, c’est quand la maladie arrive »,_ se confie-t-il à notre reporter. Pendant ce temps, nos autorités roulent carosse, sans presque s’inquiéter de rien.—————-

Rocherau Kioma.