Femmes, paix et sécurité : la RDC appelle à passer des engagements aux actes.
La République démocratique du Congo (RDC) appelle à une mise en œuvre effective des engagements internationaux en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité. Lors du débat public du Conseil de sécurité des Nations unies, tenu le 27 Octobre 2026, le représentant permanent de la RDC, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, a réaffirmé la nécessité de renforcer la participation des femmes aux processus de paix, leur protection ainsi que la lutte contre les violences sexuelles en période de conflit.Consacré au thème « Les femmes et la paix et la sécurité au cours du prochain quart de siècle : tenir les promesses grâce à la mise en œuvre », ce débat a permis à la délégation congolaise de rappeler les efforts entrepris par le pays dans le cadre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans son intervention, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a salué la tenue de cette rencontre par la Grèce, ainsi que la présence du ministre grec des Affaires étrangères, Georges Gérard Pétretis, et du secrétaire général des Nations unies. Il a également exprimé sa reconnaissance à la directrice exécutive d’ONU Femmes, Sima Bahous, et à Tamara Pearlani pour leurs contributions.Vingt-six ans après l’adoption de la résolution 1325, la RDC estime que le défi ne consiste plus uniquement à renouveler les engagements, mais surtout à garantir leur application concrète. Dans les zones de conflit, les femmes restent particulièrement exposées aux violences, tout en jouant un rôle essentiel dans la prévention des conflits, la médiation et la reconstruction.Des mécanismes nationaux pour renforcer la participation des femmes. La RDC a notamment adopté, en novembre 2024, son Plan d’action national de troisième génération pour la mise en œuvre de la résolution 1325. Ce document vise à renforcer la participation des femmes aux processus de paix et à améliorer leur protection dans les situations de conflit. Le pays s’est également doté d’une stratégie nationale de masculinité positive, destinée à encourager l’implication des hommes et des garçons dans la prévention des violences, la protection des femmes et la promotion de l’égalité entre les sexes.Cette dynamique a conduit à l’institutionnalisation de la Journée nationale de la masculinité positive, célébrée chaque 31 mars.Sur le plan juridique, les autorités congolaises mettent en avant plusieurs instruments, notamment la Constitution, la loi électorale, la loi sur la parité ainsi que les dispositions relatives à la répression des violences basées sur le genre et à la réparation des préjudices subis par les victimes de violences sexuelles liées aux conflits.
La représentation des femmes au cœur des décisions.
Dans son intervention, la délégation congolaise a également évoqué les avancées enregistrées dans la représentation des femmes au sein des institutions. Sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la proportion des femmes au gouvernement est passée de moins de 15 % à 34 %, selon les chiffres présentés par la RDC. La nomination, en 2024, de la première femme au poste de Première ministre constitue également une étape importante dans cette évolution. Pour Kinshasa, la participation des femmes aux instances de décision demeure un élément essentiel pour construire une paix durable et favoriser la reconstruction du pays.
Lutter contre les violences et soutenir les survivantes.
En matière de protection, la RDC affirme disposer d’un cadre législatif aligné sur les normes internationales. Les Forces armées de la RDC et la Police nationale congolaise ont notamment adopté des plans d’action contre les violences sexuelles en période de conflit. La justice militaire poursuit également les auteurs de ces crimes, notamment à travers des audiences foraines. La campagne « Tolérance zéro immédiate », lancée en 2021, s’inscrit dans cette dynamique de lutte contre les violences sexuelles.Le pays évoque aussi les mécanismes de réparation et de réinsertion des survivantes, notamment le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCS).
Un appel à des financements prévisibles.
Au-delà des initiatives nationales, la RDC appelle à une mobilisation accrue de la communauté internationale pour soutenir les actions en faveur des femmes dans les zones affectées par les conflits. La délégation congolaise insiste notamment sur la nécessité de garantir une participation effective des femmes aux décisions de paix, de renforcer leur protection, de sanctionner les auteurs de violences et de mobiliser des financements prévisibles. Pour la RDC, la construction d’une paix durable dans les régions touchées par les conflits passe nécessairement par une implication pleine et entière des femmes dans les processus de décision, la médiation et la reconstruction.« _Une paix durable exige des femmes pleinement associées aux décisions et à la reconstruction. »_____________________
Christelle Omoyi.
