Ebola en RDC : à Beni, l’OMS salue les progrès de la riposte et appelle à la vigilance.
Le directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, le Dr Mohamed Janabi, a effectué la semaine dernière une visite à Beni, au Nord-Kivu, pour faire le point sur la riposte contre la maladie à virus Ebola de Bundibugyo. Malgré les avancées observées dans la lutte contre l’épidémie, l’OMS alerte sur son extension géographique et réaffirme son engagement à soutenir les autorités congolaises et les communautés affectées.Au terme de cette visite, le Dr Mohamed Janabi a fait état d’une évolution contrastée de la situation épidémiologique. Si les foyers de contamination tendent à diminuer, la maladie continue de gagner de nouvelles zones, une situation qui nécessite le maintien des efforts de surveillance et de prévention.« _Globalement, nous constatons une diminution des foyers d’Ebola, mais malheureusement, l’épidémie s’étend géographiquement. Le Nord-Ubangi est la huitième province touchée »_ , a-t-il déclaré.Face à cette progression, le responsable régional de l’OMS a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation communautaire. Il a notamment encouragé les personnes présentant des symptômes à se rendre rapidement dans les structures sanitaires afin de bénéficier d’une prise en charge adaptée. Le Dr Janabi a également évoqué les résultats obtenus dans le suivi des personnes ayant survécu à la maladie. Plus de 2 400 personnes guéries ont déjà été enregistrées, témoignant de l’importance d’une prise en charge précoce.« _Nous continuons à dialoguer avec la communauté afin que les personnes viennent tôt pour bénéficier d’un traitement. Il y avait ici un groupe de survivants. Au total, nous avons plus de 2 400 personnes qui sont guéries, donc c’est possible_ », a-t-il affirmé.Bien qu’aucun vaccin ni traitement homologué ne soit disponible contre la maladie à virus Bundibugyo, le directeur régional de l’OMS a rappelé que les soins de soutien demeurent essentiels pour améliorer les chances de survie des malades.« _Certes, nous n’avons pas de vaccin ni de traitement homologué, mais nous disposons de services de soutien qui sauvent des vies_ », a-t-il précisé. Renforcer la coordination et les moyens de la riposte. Au cours de son séjour à Beni, le Dr Mohamed Janabi a échangé avec les autorités locales, notamment les membres de l’Assemblée, sur les difficultés rencontrées dans la lutte contre l’épidémie. L’OMS, le gouvernement congolais et les partenaires entendent poursuivre leurs efforts conjoints pour limiter la propagation du virus dans les zones affectées, particulièrement à Katwa et à Beni, au Nord-Kivu.De son côté, le Dr Steve Ahuku, gestionnaire d’incident de la Task Force présidentielle, a salué l’accompagnement de l’OMS dans les opérations de riposte. Il a cependant relevé plusieurs difficultés, notamment en matière de prévention et de contrôle des infections, ainsi que dans le déplacement des équipes vers les zones difficiles d’accès.« _L’OMS a toujours été un partenaire très proche de nous. L’un des défis auxquels nous sommes confrontés concerne la prévention et le contrôle des infections (PCI), mais aussi la mobilité des intervenants pour atteindre les zones reculées. Ce don, notamment des motos et des intrants PCI, va permettre de relever ces deux défis_ », a-t-il expliqué. La protection des soignants au cœur des priorités. La coordonnatrice provinciale de la santé au Nord-Kivu, Prisca Luanda Kamala, a pour sa part mis l’accent sur la protection des agents de santé engagés dans la lutte contre Ebola. Elle a rappelé que la sécurité du personnel médical constitue une condition indispensable pour assurer la continuité des interventions sanitaires et protéger les communautés contre la propagation du virus.« _Protéger nos soignants, c’est protéger nos communautés. Protéger nos agents de première ligne, c’est renforcer notre capacité collective à sauver des vies_ », a-t-elle souligné.Cette visite du directeur régional de l’OMS intervient dans un contexte où la riposte contre la maladie à virus Bundibugyo reste confrontée à plusieurs défis. Le renforcement de la surveillance épidémiologique, l’amélioration de la prise en charge des malades, la prévention des infections et l’implication des communautés demeurent des priorités pour contenir l’épidémie en République démocratique du Congo.__________________

Christelle Omoyi.